Georges Damas Aleka(1902-1982),auteur-compositeur de l'hymne national du Gabon.

Publié le par koumba.manonga.over-blog.com

Qui était Georges Damas Aléka, ce compatriote qui a composé les paroles et la musique de notre hymne national " La Concorde" en 1958?

Pourquoi l'Histoire officielle ne parle pas assez de cette icône de la vie politique de notre pays,qui était un homme apôtre de la non-violence ,un politicien modéré ,au moment où deux leaders politiques, deux camps des pères de l'indépendance s'affrontaient  ,l'exécutif et le parlement, pour déterminer le type de régime à adopter.

D'un côté le camp de Gabriel Léon Mba Minko,Premier ministre et chef de l'Etat par intérim, soutenu par une majorité du Bloc Démocratique Gabonais (BDG), représentant le pouvoir exécutif et favorable à un régime présidentiel fort;

De l'autre, celui de Paul Indendjet Gondjout, Président de l'Assemblée nationale, soutenu par  le Parti de l'Unité Nationale du Gabon( PUNGA) de René Paul Sousatte et Jean-Jacques Boucavel, l'Union Démocratique et Sociale Gabonaise (UDSG) de Jean-Hilaire Aubame, Eugène Amogho et Jean-Félix Mba et quelques dissidents du BDG, favorable à un régime parlementaire.

Voici un homme qui, pour garder l'esprit de la concorde et de la cohésion nationale, décide de rester en dehors de ces affrontements , pour préserver le consensus d'un régime politique pluraliste.

Pour mémoire, Georges Damas Aléka est né le 18 novembre 1902 à Libreville, d'une famille d'ethnie Mpongwé. C'est l'auteur compositeur de notre hymne national intitulé " La Concorde".

Après des brillantes études à l'école Montfort à Libreville,il entre, comme tous les jeunes de cette génération dans la vie active.

 

De 1924 à 1939, il est employé de banque;

 

Dès 1938,il fait une entrée  en politique de façon radicale en dénonçant  vigoureusement la politique ségrégationniste et de discrimination raciale pratiquée par les administrateurs coloniaux à Libreville, en particulier, et au Gabon en général. Du coup,il prend la tête de tous ceux qui s'insurgeaient  contre les droits spéciaux crées par décret du gouvernement  RESTE, qui octroyait un régime de faveur aux Métis, au détriment des Noirs dans la colonie:droit de poursuivre des études secondaires,ouverture d'internat, accès plus facile au travail.

 

En effet, en 1943, les Gabonais Métis, avaient un un statut à part, car  issus d'union entre Blancs et Noirs.  Ils  obtinrent un symbole de leur statut avec l'ouverture du " Cercle des Métis",à Libreville,un lieu de rencontres leur étant réservé, mais interdit aux Gabonais de peau noire. Une véritable politique d'apartheid  encouragé par les autorités de l'époque basée sur le seul critère de la couleur de la peau. C'est ce qui va le pousserà ouvrir un autre front de contestation en intégrant, au lendemain de la seconde guerre mondiale,l'Union des Syndicats Confédérés ( USC) dont il fut le Secrétaire Général.

 

De 1939 à 1943, il est agent de la compagnie des Chargeurs;

 

De 1943 à 1946, il est conseiller du Gabon auprès du Gouverneur Général de l'Afrique Equatoriale Française (AEF) à Brazzaville.

 

En 1946, Damas Aléka ira représenter l'USC à la première générale du travail qui se tint à Dakar au Sénégal.

 

De 1946 à 1954, il occupe les fonctions de membresuppléant du Conseil privé du Gouverneur du Gabon.

 

De 1956 à 1963, ilest élu Conseiller municipal de Libreville.

 

En 1958,  passionné de musique et par amour pour son pays,il compose les paroles et la musique de ce qui allait devenir l'hymne national du Gabon, au moment où les affrontements politiques viraient à des affrontements mystico-fétichistes,où les sorciers et autres charlatans,"semaient la haine et la division" dans les failles et les villages, en ville ou en campagne, ces  "perfides trompeurs", comme aux "temps de nos aïeux", où les guerres tribales,l'esclavage  et la haine de l'autre, régentaient la vie de nos sociétés.

 

En 1959, il est représentant du Gabon au Conseil,Econmique et Social de la république française à Paris.

 

En 1960,année de l'indépendance nationale, commence alors pour cet acteur de la vie politique une longue et riche carrière politique et diplomatique.

 

 Le 2 décembre 1967,à la suite de la disparition du Père de l'indépendance, Léon Mba, il préside la grande cérémonie de prestation de serment du nouveau Président de la république, Albert-Bernard Bongo, conformément à la constitution,en qualité de Président de l'Assemblée nationale.

 

De 1960 à 1982,il est également membre de la société des auteurs, compositeurs et éditeurs.

 

En 1961, il est nommé par Léon Mba, Ambassadeur,auprès de la CEE et du BENELUX.

 

En 1963,Ambassadeur auprès de la république fédérale allemande ( RFA).

 

En 1969, il publie un ouvrage célèbre:" l'homme Noir" aux éditions Paul Bory à Monaco.

 

De 1972 à 1977, il est nommé Haut-Conseiller de l'Etat.

 

Le 4 mai 1982, il tire sa révérence et termine sa vie dans le panthéon de l'Histoire de notre pays, sans finir dans les poubelles de l'Histoire et en laissant un exemple de dignité et de probité morale ,qui manque cruellement de nos jours à beaucoup d'hommes politiques africains.

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plombier paris 09/03/2015 09:30

J'apprécie votre blog, n'hésitez pas a visiter le mien.
Cordialement

pierrot rochette 13/01/2013 01:27

en hommage à Nelson Mandela
Pierrot
vagabond poète
www.reveursequitables.com
www.enracontantpierrot.blogspot.com

LA PALETTE DE CHOCOLAT

Quand je doute de la qualité de mon intensité de lumière, je refais l'expérience de la palette de chocolat. Je te raconte. Un jour que je vagabondais avec un camarade existentiel, je lui racontai
mon désarroi. J'avais juste assez d'argent sur moi pour me payer un fantasme, une palette au chocolat caramilk. Et j'avais honte de mon aveuglement créé par la faim. Et j'étais gêné de lui en
offrir la moitié parce que lui aussi sans le sou, il aurait probablement le goût de manger autre chose.

Ce compagnon me dit: t'as jamais essayé d'acheter une palette au chocolat caramilk à l'autre, en remerciant la vie si par pure bienveillance, il t'en redonne la moitié?

Dans l'histoire vraie racontée par ma chanson des allumettes, je réalise quelques années plus tard, qu' il y a eu la pure émotion ''caramilk'' d'avoir donné une allumette à l'autre en recevant
mille fois plus par son feu du matin.

SUFFIT D'UNE ALLUMETTE

ma liberté
une nuit un orage
un jeune pouceux que j’ai connu s’a route

à 25 ans
y a perdu son courage

j’ai 58
c’est pas grave un naufrage

l’un comme l’autre
pas de sac de couchage
rien à manger
une chance ma gourde est pleine

le jeune a mal aux pieds
j’le vois dans son visage

y va pleuvoir
c’est glacé dans ses veines

REFRAIN

que je lui dis
suffit d’une allumette
pour enflammer ta vie

rêve d’une conquête
d’un grand feu sous ta pluie
d’un grand feu sous ta pluie

COUPET 2

ma liberté
une nuit un orage
j’ai dit au jeune
va dormir en d’ssous d’l’arbre

m’a prendre soin d’toé
m’a m’occuper du feu

mets mon manteau
tu vas t’sentir au chaud

une chance qu’on est
en d’ssous d’un sapinage
je casse des branches
chu mouillé d’bord en bord

la run est toffe
pendant que le jeune dort

je pris pour qu’il
retrouve son courage

COUPLET 3

ma liberté
une nuit un orage
au p’tit matin
chu complètement crevé

y mouille encore
mon feu est presque mort

le jeune se lève
y est comme énergisé

y fonce dans l’bois
y casse des gros branchages
y est en pleine forme
son feu m’monte au visage

sèche mon linge
lui son manque de courage

y m’sert la main
et reprend son chemin

REFRAIN FINAL

c’est lui qui m’dit
suffit d’une allumette
pour enflammer ma vie

j’te jure
que j’rêverai de ma conquête
d’un grand feu sous ma pluie

et le vieux
je te remercie

Pierrot
vagabond celeste



pierrot@reveursequitables.com a écrit :
6-UN ETRE DE LUMIERE

CHER SIMON

qu'est-ce qu'un être humain? C'est un être de lumière à intentisé variable. Allumer un rêveur, c'est nourrir de son propre feu un rêve à trop faible intensité de lumière. Etre allumé par un rêveur,
c'est être aspiré par l'intensité de la lumière de l'autre. Chacune de mes chansons non normative fut une histoire vraie, inspirée par l'une ou l'autre des deux situations décrites dans ce
paragraphe.


UN JEUNE HOMME DE BONTÉ

Un jour j’ai demandé
à un jeune africain
réfugié à Sept-îles
comment il voyait demain

ce jeune de 17 ans
m’a dit bien simplement
je rêve de retourner
dans mon pays maltraité

pour être reconnu
nationalement
comme un homme de bonté

REFRAIN

une chance qu’y pleuvait à sciau
sur ma guitare et mon chapeau
parce que mes larmes me lavaient l’corps
entre Sept-Iles et Bécomo
perdu dans l’parc
d’une route de bois
et d’orignaux

COUPLET 2

moi qui ai donné mes biens
qui marche mon pays
adoré des étoiles
et même de la pluie

il a suffi d’une phrase
d’un jeune noir en extase
pour que brille dans la nuit
sa clé du paradis

je me ferai mendiant
nationalement
pour chanter, ce jeune homme de bonté

COUPLET 3

y a très peu d’africains
qui demeurent à Sept-Iles
qui ont les yeux brillants
et bientôt 18 ans

qui marchent dans la rue
qu’on traite en inconnu
qui font l’ménage la nuit
dans une usine perdue

si vous le rencontrez
serrrez-lui la main
en lui chantant mon refrain

Pierrot, vagabond céleste





pierrot@reveursequitables.com a écrit :
5- LA DAME AU CONGELATEUR

CHER SIMON


Un jour, mon père me fit faire deux heures d’automobile pour me présenter une dame. Il lui dit: pourriez-vous montrer votre congélateur à mon fils?

J’y vis une centaine de petits repas congelés préparés pour l’hiver. Son homme était contremaître. Sur chaque repas il y avait un petit mot d’amour.

Mon père me dit: Voilà une grande artiste du quotidien. Saches les reconnaître et les honorer car ce sont des humains sculptés dans une race en état de grâce.

C’est en mémoire de mon père que, beaucoup plus tard, je vagabondai les routes du Québec (www.reveursequitables.com) à la recherche des vies privées oeuvre d’art. Et chaque fois que j’en croisai
une, je dessinais ses paroles en esquisse dans mon coeur pour un jour en écrire une chanson non normative, une peinture de la poésie de l'être dansant la vie.

Pierrot