Premiers responsables politiques Gisira avant l'indépendance du Gabon en 1960

Publié le par koumba.manonga.over-blog.com

Qui sont ces valeureux fils qui ont contribué à faire parler des Gisira après les recits des voyages des premiers explorateurs et commerçants occidentaux,les premiers missionnaires catholiques et protestants ?Pourquoi chercher à connaître les premiers responsables politiques qui ont représenté les Gisira dans l'administration coloniale? Quel exemple de courage, de dignité et de probité morale ces aînés nous ont laissés? Pour être bien dans sa peau, l'être humain a besoin d'un certain nombres de repères socio-historiques, culturels,économiques  et civiques. Cela veut tout simplement dire qu'on doit savoir d'où l'on vient, où l'on est et ,où l'on va,et ceci,  dans tous les domaines de notre vie. Ceci permet à chacun de connaître ses racines, son passé, son histoire pour son équilibre moral, psychologique et spirituel.

La rencontre du peuple Gisira  avec les occidentaux  a certes,provoqué des grands bouleversements sur le plan de nos valeurs traditionnelles, mais elle aaussi permis, d'ajouter à nos acquis, d'autres valeurset d'autres réalités comme l'école étrangère, l'alphabétisation,les découvertes scientiques et les progrès techniques. Des villageset des départements autrefois très éloignés, ont été rapprochés par des routes avec des moyens de communication moderne comme les voitures et les remorqueurs, entre autres.).Désormais les voyages qui s'effectuaient à pied se faisaient en voitures,ou en bateaux.

Les hôpitaux et les dispensaires ont commencé à offrir des vaccins et des soins afin d' allonger l'espérance de vie des populations Gisira ,autrefois décimées par des épidémies telles que la variole, la varicelle, la maladie du sommeil , la lèpre et bien d'autres, sans oublier, les famines dues aux révoltes et autre désobéissances civiles des Gisira contre les atrocités des colons français et leurs miliciens importés du Tchad et d'Afrique de l'Ouest, san oublier le  manque de machines et d'outils conséquents pour dompter la nature hostile composée pour l'essentiel de la forêt équatoriale.Alors qu'il fallait des jours,sinon des  mois pour aller du Fernan-Vaz  et rejoindre Mandji-Ndolou , Fougamou, Sindara ou l'hôpital du docteur Albert Schweitzer de Lambarené ou la Station protestante de Ngomo, les voyages se faisaient en quelques heures.

Les missionnaires catholiques ont commencé à construire des écoles et contraindre les parents à y envoyer leurs enfants . Beaucoup de parents commençaient à envoyer leurs enfants, d'abord les garçons dans des séminaires et plus tard les filles dansdes couvents. La fondation successive des missions de Sainte Anne d'Odimba chez  les Nkomi en 1887,celle de Sainte- Croix de Ndolou en pays Gisira en1895,celle de Notre Dame des Trois Epis de l'Equateur  à Sindara en 1899 en pays Tsogo,sans oublier,celle de Saint Martin des Apindji en 1900,a fini par convaincre les Gisira des bienfaits de l'école étrangère. Du coup, le Fernan-Vaz, Mandji, Sindara, Saint- Martin des Apindji,et plus tard Fougamou et Lambarené deviennent des hauts- lieux de connaissance des Gisira ,avant de rejoindre Brazzaville, la capitale de la Fédération de l'Afrique Equatoriale ( AEF), puis la  France,pour certains.

Ajoutons aux efforts des missionnaires pour scolariser l'élite Gisira, ceux des colonisateurs et administrateurs coloniaux, qui, en introduisant la langue française pour des besoins de formation  des auxiliaires locaux, à savoir , des interprètes , des commis de bureaux et des collecteurs d'impôts.

Quand les deux  guerres mondiales (1914-1918 et 1939-1945) éclatent en Europe, des soldats Gisira s'engagent comme volontaires dans les différents régiments des " Tirailleurs sénégalais",sous les couleurs des troupes coloniales, pour défendre la Patrie. Beaucoup vont être sur différents champs de bataille, en Afrique, en Indochine et en Europe. Après les deux guerres,ils regagnent, leur village et leur province au Gabon, avec l'espoir de participer, comme les anciens séminaristes et les cathéchistes,enseignants,à la lutte d'émancipation des Gisira à l'édification de la nation gabonaise naissante.

C'est à partir de 1946, avec la création de l' Union française,qui a fait du Gabon, un pays associé à la France et les Gisira, comme d'autres gabonais,participant à la vie politique de leur pays.

 

Quatre responsables politiques Gisira vont représenter valablement les Gisira dans toutes les instances locales, nationales et fédérales au lendemain de la seconde guerre mondiale et de la création de l'Organisation des nations Unies ( ONU). Nous allons vous les faire découvrir.

 

-Cyprien Guipiéri,de 1946-1952, originaire de Mandji est le premier Délégué représentant les Gisira, aussi bien de Mandji, de Fougamou que du Fernan-Vaz, à partir de 1946, à l'Assemblée Constituante à Paris,puis au Conseil Consultatif à Libreville et enfinà l'Assemblée Territoriale, juqu'en 1952. Avant d'embrasser la carrière politique, Cyprien Guipiéri, fut d'abord, un ancien écrivain-interprèteau poste administratif de Mandji, ensuite,ancien gérant de la Compagnie d'exploitation forestière africainne ( CEFA), puis de la Société commerciale,industrielle et agricole du Haut-Ogooué ( SHO). Ceci pour le bonheur de tous les patronymes Gisira, à savoir, Gisira -gi-Tandu(route de  Mouila), Gisira-gi_ Banda( route de Fougamou), Gisira-gi-Kamba( route de Lambarené), Gisira- di-Ndolu(route de Ndolou) et Gisira- gi -Dubanga( zone côtière,et région des grands lacs).

 

-René Paul Sousatte(1913-1969), originaire de Mandji-Ndolou,né à  Divengou au Fernan-Vaz, cadet d'âge de Guipiéri, il est un ancien élève de la mission Sainte- Anne du Fernan-Vaz, ancien séminariste à la mission Saint Jean de Libreville.Le 15 mars 1936,il est engagé comme commis à Mouila à la SHO, puis inspecteur des PTT. Le 30 juin 1937, il devient administrateur civil à Brazzaville, au Moyen-Congo, représentant les Gisira dans la haute administration fédérale au cabinet du gouverneur général, le guyanais Félix Eboué. Dans la capitale de l'ex-AEF, il fera la connaissance d'autres gabonais comme, Jean-Hilaire Aubame et Jean-Rémy Ayouné.

 En 1942, il est président de l'Union éducative et culturelle de la jeunesse africaine de Brazzaville.

De 1939-1945,durant la seconde guerre mondiale,il monte au front dans les rangs des forces de la France libre.

En 1946,  il est secrétaire général de l'Union professionnelle des français en Afrique.

En 1947,il Conseiller de l'Union française.

En1948,iest président de la Voix du Comité gabonais d'études sociales et économiques(COGES).

En 1949,il devient membre de la section africaine du Rassemblement pour la France ( RPF), part crée en 1947 par De Gaulle.

En 1957,

En 1958,il crée avec Jean-Jacques Boucavel,tous deux anciens membres de l'Union Démocratique et Sociale Gabonaise( UDSG), créent le Parti de l'Unité Nationale Gabonaise (PUNGA, signifiant "le vent" en Gisira).

 

 

- Léon Mboumba,originaire de Tsamba Magotsi à Fougamou, ancien cathéchiste et enseignant à la mission Saint-Croix des Gisira à Ndolou-Mandji. Il succède Cyprien Guipiéri à l'Assemblée Territoriale comme seul représentant dominant la vie politique des Gisira des deux départements de Ndolou- Mandji et Tsamba-Magotsi- Fougamou et ceci jusqu'en 1957. Il va être celui qui aura bataillé dur,en sillonnant tous les districts et villages Gisira , encore réticents à l'époque,pour les convaincre d'envoyer leurs enfants à l'école.

 

-Vincent de Paul Nyonda( 1918-1995), né à Tsienguipaga en juiullet 1918 dans la Ngounié alors qu'il est originaire de Moukouna,à Mandji-Ndolou. Quand il entre au cathécuménat en 1933, il était déjà câlé dans la culture gisira. Ancien séminariste à la mission Saint-Martin des Apindji et à l'école Montfort de Libreville. En 1941,il entre au Petit séminaire pour poursuivre ses études secondaires, avant d'aller continuer au Grand séminaire du Libermann à Brazzaville,pour  devenir en1951 enseignant à l'école de Saint-Martin de Mouila. Enmars 1957, il est élu député de la Ngounié sur la liste des "Indépendants" qui ont rallié le BDG.Il entre dans le premier Conseil de gouvernement du Gabon,comme ministre des Travaux publics,  des Transports et des Mines,à lâge de 39 ans, alors qu'il était Conseiller territorial de la Ngounié sous les couleurs du Bloc Démocratique Gabonais ( BDG) de Léon Mba.Il  occupera auaussi le porte feuille de ministre d'Etat, chargé des affaires culturelles, de la jeunesse et des sports et de l'organisation nationale.

En marge de la politique, Vincent de Paul Nyonda, connu comme un écrivian a consacré sa vie au théâtre ,au point de conclure:" Dans la vie, tout est théâtralité".

 

 

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Moussavou 29/08/2011 12:22


C'est dommage que la vie, le combat, les valeurs de ces illustres pères de l'indépendance ne soient pas suffisament mis en lumière dans notre pays. Mais ne baissons pas les bras, battons-nous pour
eux, c'est un devoir de mémoire.


Moussavou 29/08/2011 12:17


Article très interessant et instructif.